sur la ligne

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Rêveries diurnes et noctambulismes, chroniques sur la ligne.

27.11.13

trois cent kilomètres par heure.

Metro-boulot-métro-dîner-apéro-métro-souper-métro-thé-douche-dodo. Et le week end, métro-expo-métro-apéro-métro-dodo. J'avale des kilomètres de bitume et de tunnels, des expositions des concerts des spectacles des films! Boulimie de culture et de non-culture, alcool très fréquent, resto trop souvent, jamais seule. Et toujours l'impression d'être une fourmi étrangère à la fourmilière, dans le métro, dans la rue, dans les grands magasins, les gens sont des fantômes autours de moi, ou je suis le fantôme au milieu d'eux, le contact humain spontané est rare, les caissières ne lèvent pas les yeux, les contrôleurs de tickets non plus, les sécus à l'entrée me rappellent que je suis une voleuse potentielle mais tant que mon sac ne sonne pas, je n'existe pas... Comment peut-on décider de vivre dans une telle masse d'inhumanité? Pourquoi choisir le gris comme fond d'écran de sa vie? Les informations nous bombardent les neurones et la surabondance de culture la dénature. La ville me rend malade, mes poumons sont plus encrassés par deux mois de pots d'échappement parisiens que par quatre ans de cigarettes, soit environ sept mille trois cents clopes, je tousse les particules de CO2.

Pourtant je ris, je palpite, j'y retourne, je dévore avec gourmandise, j'adresse la parole aux ombres du métro et suis aimable avec les caissières, je provoque les rencontres et retourne voir un spectacle déjà vu, je suis fascinée par les grafs colorés et les lieux un peu abandonnés, par le métro, ses longs tubes et ses dédales, son uniformité, sa rapidité, son efficacité. J'aime aller au marché d'Aligre et dans les bars Belleville, dans les brocantes de Barbès et les boutiques du Marais.

C'est comme une danse folle sur une musique qui ne s'arrête pas quand l'aube pointe, et puis quand je m'arrête, les gens continuent à danser, j'ai la tête qui tourne quand je m'endors et sais que j'aurai la gueule de bois quand, dix heures plus tard, je rouvrirai les yeux. Je me fait un thé, des pâtes, et je retourne danser...


le suicide imaginaire - photo Sandro Ettlin

le mal du pays...

... c'est quand mon amoureux m'envoie une photo de son jardin.
Alors oui, ce n'est pas le plus beau jardin du monde et le mien, hein, il est plus beau, même qu'ya plein d'églises dedans (vous vous souvenez?)
Mais de voir ce calme, ce silence, et ces arbustes, ça me tire les larmes.


photo Sandro Ettlin